Terzeo, le projet Cosson & Clamens
  • Terres de terrassement : déchets ou gisement ?

  • Historique et naissance du projet

  • L’alliance de deux experts du BTP et du traitement de déchets

  • Le procédé technique expliqué

  • Terres de terrassement : déchets ou gisement ?

    Nettoyer pour valoriser ? 

    Les chantiers de construction génèrent des sols considérés comme des déchets ultimes. Ni valorisables ni recyclables, ces sols sont juste bons pour finir en décharge… La seule option positive consiste – de façon un peu défensive – à les utiliser pour remblayer les carrières s'ils sont inertes.

    Or, ces sols possèdent une part importante de granulats naturels (cailloux, graviers et sables). Nettoyer ces sols, souvent pollués, extraire leurs granulats naturels pour les réutiliser dans de nouvelles constructions est désormais possible et souhaitable.

    Après six années de recherches… 

    Terzeo a mis au point une solution innovante de séparation de ces granulats naturels, conforme aux attentes des entrepreneurs du BTP.

    Les sols excavés, au lieu d’être considérés comme des déchets, deviennent un gisement de production de matériaux naturels de construction.

    Des sols valorisés à 75% 

    Grâce à cette innovation, pour la première fois en France, 75% des sols issus des chantiers seront réutilisables dans les constructions sous forme de granulats naturels. Terzeo crée une vraie filière de valorisation des sols pollués et s’inscrit dans une dynamique d'économie circulaire.

    Terzeo répond ainsi aux attentes des élus, des citoyens et des professionnels du
    secteur : réduire les volumes de stockage, assurer un traitement sécurisé, limiter l’ouverture de carrières en Ile-de-France et réduire la dépendance de la Région en granulats naturels pour la construction.

    4 fois moins à stocker 

    La part résiduelle est réduite des trois-quarts. Ce quart restant pollué, semblable à l'argile, sera confiné dans l'installation de stockage la plus sûre.

    Réduire le déficit en granulats 

    1m3 de béton nécessite 1,8 tonne de granulats naturels.
    Avec une mise annuelle sur le marché de150 000 tonnes, soit 3% des besoins franciliens en granulats, produits à moins de 40 km de Paris, Terzeo contribuera à réduire le taux d’approvisionnement extérieur de la région. Ce taux est de 45% aujourd'hui pour seulement 40 000 logements construits par an. Le procédé Terzeo ouvre pour la Région une perspective rapide d’autosuffisance en granulats.

    L’indépendance est possible 

    En matière de gestion des sols, l’Ile-de-France se trouve dans une situation intenable : les projets de construction se multiplient tandis que les espaces de mises en décharge se raréfient.

    Les objectifs franciliens de 70 000 nouveaux logements par an, auxquels s’ajoute la construction de bureaux et d'infrastructures de transport, vont accroître la dépendance de la région vis-à-vis de gisements extérieurs. Il sera nécessaire d'importer 2,7 millions de granulats supplémentaires par an.

    Terzeo satisfait à lui seul 14% de ces besoins supplémentaires.

    Historique et naissance du projet

    Double défi

    En s’appuyant sur le concept de « carrière urbaine » – c’est en ville que l’on construit et c’est là que l’on trouve les granulats issus de chantiers de déconstruction/construction –, Terzeo contribuera à réduire la pression exercée sur l’extraction des granulats en carrières de Seine-et-Marne, évitant à lui seul l’ouverture d’une carrière de 50 hectares (l'équivalent de 70 terrains de foot). Ce projet relève donc à la fois de l’« économie verte », qui favorise le recyclage, et de l’«économie bleue » qui promeut les circuits courts.

    En parallèle, Terzeo réhabilite une friche industrielle de 64 hectares, à l’abandon depuis près de 15 ans, située sur les communes de Villenoy et Isles-lès-Villenoy, à 3,5 km au sud-ouest de Meaux en Seine-et-Marne.

    Le projet  Terzeo nécessitera 35 millions d’investissement, dont 5 M€ seront consacrés à la requalification de cette friche orpheline. Il sera porté par deux entreprises spécialistes des travaux publics et du traitement des déchets de construction : Clamens et Cosson, filiale de Colas idfn.

    La technologie Terzeo

    Le procédé Terzeo combine valorisation et dépollution. Il fonctionne sur le principe d’une cascade de machines à laver dont l’eau circule en circuit fermé et est nettoyée en permanence grâce à deux stations d’épuration. Particulièrement efficace, il est le seul à obtenir un taux de valorisation des sols issus de chantier de 75% en déterminant la meilleure combinaison dans la succession des lavages.

    Acheminés par une bande transporteuse capotée jusqu’au procédé de nettoyage, et après une série d’étapes de lavage et de criblage, les sols se scindent en granulats propres et en boues liquides. Ces dernières, filtrées en continu pour en extraire des fines d’argiles potentiellement polluées à 80% aux hydrocarbures, sont acheminées vers le « biocentre » pour subir un traitement naturel afin d’accélérer la « digestion » des résidus pétroliers et les rendre inertes. Le taux d’abattement de la pollution des hydrocarbonés est généralement compris entre 95 et 99%.

    L’alliance de deux experts du BTP et du traitement de déchets

    Clamens et Cosson ont conclu un partenariat en vue de la création et de l'exploitation de Terzéo actuellement en cours d'instruction. 

    Les deux futurs partenaires de Terzeo, Cosson et Clamens, ont développés des expertises complémentaires en matière de valorisation des déchets issus de chantiers.

    Terzeo sera le fruit d’un partenariat entre ces deux entreprises complémentaires qui en détiendront 50% chacune.

    Cosson, ses métiers

    La société Cosson est une filiale de Colas Ile-de-France/Normandie, elle-même filiale du groupe Bouygues. Elle développe son activité autour de 4 pôles majeurs : l’exploitation de carrières, la valorisation de déchets de chantiers, la dépollution de sites, le terrassement et les travaux publics. Cosson s’est spécialisé depuis 2000 dans la dépollution de sites contaminés et a diversifié ses activités à travers l’exploitation d’installations de stockage de déchets inertes sur la commune de Saint-Witz (95) et de déchets non dangereux sur le site d’Épinay-Champlâtreux (95).

    Clamens, ses métiers

    L’entreprise Clamens existe depuis 1954. Elle exerce les métiers du transport de matériaux solides, de terrassement, de carrière et de recyclage/valorisation de déchets de chantiers. Depuis plusieurs années, Clamens s’est spécialisée dans la valorisation des matériaux de démolition des activités du BTP. Depuis 1980, l'entreprise est devenue le précurseur dans le lavage des déchets issus de chantiers. Elle exploite depuis 2006 une installation unique au monde d’extraction des granulats issus des boues de béton (béton et graves) située à Villeparisis. et qui traite 260000 tonnes par an de boues de béton.

    Soucieuse de son impact environnemental, l’entreprise a développé un bilan Carbone® qui lui a permis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. L’ensemble de ses sites est certifié ISO 14001/9001 et OHSAS 18001.

    Colas IDFN, ses moyens techniques

    3 carrières / 4 Installations de stockage de déchets inertes /
    l’expérience d’exploitation d’une Installation de stockage de déchets non dangereux /
    7 plates-formes de tri et valorisation / 3 centrales

    Colas IDFN, producteur de granulats

    L’entreprise produit 950 000 tonnes par an de granulats recyclés

    Clamens, ses moyens techniques

    1 carrière de sablon et de calcaire massif /
    1 plate-forme de maturation de mâchefers /
    1 centrale blanc /
    1 process de traitement et valorisation de boues de chantier.

    Clamens, producteur de granulats

    L’entreprise produit 550 000 tonnes par an de granulats recyclés, dont 100 000 tonnes de granulats décarbonés®, et 100 000 tonnes par an de granulats naturels.

     

    Le procédé technique expliqué

    Accueil des terres

    Le site Terzeo sera à même d’accueillir toutes sortes de terres de terrassement. La capacité de prise en charge sera au maximum de 200 000 tonnes par an. Une procédure d’acceptation réglementaire sera mise en place avant tout apport afin de vérifier la qualité des terres sortant du chantier d'origine. À l’arrivée des terres, les lots seront séparés selon la nature des matériaux puis contrôlés dans le laboratoire du site. La distinction de ces lots sera fonction de la nature des terres, de leur taux de granulats naturels et du type de polluants contenus. Ces terres seront entreposées sous bâtiment clos et couvert afin de constituer des lots journaliers par famille de traitement.

    Tri des granulats naturels valorisables

    Pour chaque lot journalier, la première opération consistera à effectuer un tri granulométrique par un passage sous eau afin de bien séparer les fractions de granulats par classes de diamètre et de les rendre absolument propres. Ces granulats lavés seront ensuite entreposés par taille et par qualité, en vue d’être rechargés pour leur commercialisation. L’eau de lavage sera essentiellement prélevée sur les eaux de pluie collectées et récupérées sur le site. Cette eau sera utilisée en circuit fermé associée à deux unités de traitement des eaux internes. Aucune eau de process ne sera rejetée dans la Marne.

    Gestion et traitement des résidus

    Les 25 % de matériaux résiduels issus du procédé de tri, se présenteront sous forme de fines argileuses. Celles ci seront extraites des eaux de lavage par un traitement phyisco-chimique puis par désydratation sur filtre presse. Ces fines seront à nouveau analysées pour s’assurer de leur statut. Un traitement spécifique en biotertre pour dégrader les hydrocarbures arrivera en compléments selon besoins. Les eaux de pressage seront épurées par les unités de traitement des eaux du site et ainsi recyclées dans la boucle en circuit fermé des eaux de lavage.

    Visualisez le schéma du bilan des matériaux

    Jusqu’à présent 100% de ces terres étaient considérées à tort comme des déchets ultimes et devaient être intégralement orientées soit en filière de stockage définitif (décharge type ISDI, ISDND, ISDD) soit en filière de traitement thermique (incinération, désorption thermique ou autre) voire en traitement biologique.

    Fort de cette valorisation à plus de 75% des terres entrantes, seuls les 25 % restants sont potentiellement traités afin d’en réduire leur potentiel polluant et peuvent dorénavant être considérés comme déchets ultimes. Ces résidus se présentent sous une forme d'argile trés fine et maléable. Par conséquent, en fonction de leurs caractéristiques, ces fines argileuses seront orientées :

    • pour les moins polluées, à l’extérieur du site, vers des installations soit type ISDI ou en réaménagement de carrières, soit en ISDND dans les 13 km à la ronde,

    • pour les plus polluées, à l’extérieur du site, envoyés en ISDD externe (à 23 km),

    • pour les fractions intermédiaires, elles resteront sur site pour y être stockées de la façon la plus sécuritaire à savoir dans une ISDD spécifique exclusivement dédiée aux résidus internes de traitement considérés comme mono-déchets. Toutefois, regard de la faible teneur en polluants, TERZEO a choisi de s’auto-limiter (auto-limite qui serait reprise et donc alors imposée dans l’Arrêté Préfectoral d’exploitation) à 50% des seuils d'admission d’entrée sur une ISDD classique et surtout sans faire appel à des procédés de stabilisation préalables rabaissant artificiellement les caractéristiques initiales du produit.

    L’intérêt de laisser sur site ces résidus interne permet non seulement de réduire l’empreinte carbone de l’ensemble de la plateforme en réduisant les transports superflus vers l'exterieur mais cela contribue à réaménager durablement une partie du site. Rappelons que TERZEO se donne alors les moyens de prendre économiquement à sa charge la dépollution des toutes les zones polluées résiduelles non encore finement ciblées et de faire disparaître l’état actuel de friche industrielle.

    TERZEO se propose donc de créer la seule filière innovante de gestion totalement intégrée des terres polluées.